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LE TISSU ADIPEUX

 

- Age.

Vers 50 ans, la ménopause s'installe chez les femmes. L'activité des ovaires se ralentit et la production d'hormones sexuelles diminue. Elle déterminent l'emplacement de la graisse. Mais elles ne jouent pas sur sa quantité.

Grossir à partir de 50 ans n'est absolument pas une fatalité car la dépense énergétique ne diminue pas suffisamment pour justifier la prise de poids.

Les kilos sont d'origine psychologique, liés à la peur de vieillir : perte de séduction, crainte de ne plus être aussi performant, personne n'y échappe même si l'on magnifie les délices des troisième et quatrième âges qui se profilent à l'horizon.

L'âge est pour tous, hommes et femmes, une très bonne excuse pour les kilos. Presque tout le monde est d'ailleurs fermement persuadé qu'il est tout à fait normal de grossir en prenant de l'âge.

En fait, on n'a pas plus de raisons de prendre du poids à 50 ans qu'à 30 ans, sauf si on se laisse aller à absorber plus de calories que l'on en dépense.

Que se dit-on alors, plus ou moins consciemment ?

Je suis sur la deuxième moitié de ma vie, j'en profite et je mange ! À quoi bon se priver ? J'ai des rhumatismes qui me chatouillent, il est plus difficile de me bouger : alors pourquoi faire un effort ?

 

- Arrêt du tabac.

Le tabac est une drogue dès que l'on ne peut plus s'en passer.

Arrêter de fumer est une bonne démarche pour préserver sa santé. Mais, elle se sanctionne souvent par une prise de poids.

La nicotine est un excitant du système nerveux mais elle exerce aussi un effet anorexigène :


- une cigarette fumée juste avant un repas coupe ou limite l'appétit.

- ceux qui ont l'horrible habitude de fumer à table mangent souvent moins.

 

 



Dès que la nicotine disparaît de l'organisme, la faim est plus forte, donc on mange plus.
Fumer consomme de l'énergie, environ une vingtaine de calories par cigarette. Cette dépense énergétique est supprimée lorsque l'on arrête.

Pour conserver un équilibre entre les entrées alimentaires et les sorties énergétiques, il faudrait manger moins pour compenser cette baisse de dépenses. Or, l'appétit est augmenté du fait de l'absence de l'anorexigène tabac.

De plus, on éprouve souvent un grand besoin de suçoter des produits sucrés pour compenser le manque, et aussi pour remplacer le geste routinier de porter la cigarette à sa bouche.


Bilan :


- la dépense énergétique est diminuée de quelques centaines de calories, selon le nombre de cigarettes que l'on fumait habituellement.

- on devrait manger moins pour compenser cette diminution de la dépense énergétique, mais au contraire, tout incite à manger plus et à grignoter.

 

 

 

C'est ce qui rend la prise de poids quasiment inévitable, sauf si l'on a vraiment une volonté de fer pour résister aux grignotages et pour augmenter en même temps sa dépense calorique en faisait beaucoup de sport.

 

- Arrêt du sport.

C'est évident, plus on pratique un sport, plus on dépense d'énergie.

Les besoins énergétiques étant importants, on mange en conséquence pour les satisfaire. Ce qui est tout à fait normal.

On prend l'habitude d'une alimentation copieuse et riche où la discipline ne règne pas puisque l'on ne grossit pas.

Très souvent, lorsque la pratique du sport s'arrête brutalement, pour une raison ou une autre, blessure ou changement de rythme de vie, on garde la même alimentation : tout simplement parce qu'on en a l'habitude.

La dépense énergétique est diminuée mais l'apport calorique demeure le même. Inévitablement, on prend du poids.

Mais si l'on pense alors à moins manger, si l'on s'astreint à diminuer son quota de calories, on ne grossit pas.

 

- Sérotonine et grignotages.

La sérotonine est un neuromédiateur qui agit entre autres sur l'appétit, la satiété, l'humeur, le sommeil, le stress. Tous ces éléments conditionnent l'équilibre.

Elle est sécrétée dans le cerveau :


- à partir d'un précurseur qui est un acide aminé, le tryptophane.

- il doit être en concentration importante dans les neurones.

- il ne peut l'être que si l'alimentation est riche en glucides.

 

 

 

Il faut donc beaucoup de glucides pour fabriquer de la sérotonine.

On manque de sérotonine quand :


- les repas n'apportent pas assez de glucides, quand on se prive systématiquement de pain (souvent pour ne pas grossir !) on est victime du stress. Qu'il soit violent ou permanent, il en mobilise beaucoup. L'envie instinctive d'un produit sucré vient souvent d'un impérieux besoin en sérotonine de l'organisme : on grignote et on se sent mieux ensuite, comme apaisé.

- le système de régulation de la sérotonine ne fonctionne pas bien. C'est le cas chez les "carbohydrates cravers ", les affamés de sucre qui ont des pulsions incontrôlables vers les produits sucrés, qui craquent plusieurs fois par jour. Pour eux, les produits sucrés sont comme une drogue qui les apaise.

 

 

 

 

 

Quelle qu'en soit l'origine, manque de glucides dans l'alimentation ou trouble du comportement alimentaire, ces pulsions sucrées pour fabriquer de la sérotonine déséquilibrent forcément l'alimentation, soit en apportant trop de glucides simples, soit en apportant trop de lipides en même temps que les glucides (la majorité des produits de grignotage sont sucrés et gras), soit en apportant globalement trop de calories. Ce qui fait prendre du poids.

 

- Ventre rond.

Les corticoïdes, hormones sécrétées par les glandes surrénales, favorisent le stockage des graisses dans les adipocytes de l'abdomen. Ces corticoïdes se fabriquent sous l'influence du stress: on les nomme souvent " hormones du stress ". Les montées d'adrénaline ne sont pas particulièrement favorables à un ventre plat. Ce qui pourrait expliquer qu'il y ait des femmes de poids normal avec un ventre très rond. Le tabac et l'alcool (qui vont souvent de pair avec le stress) exercent la même action.

 

- Médicaments.

Les antidépresseurs et les tranquillisants favorisent la prise de poids car ils ralentissent le métabolisme de base. C'est une raison pour ne pas absorber ces médicaments si on en a pas vraiment besoin. La cortisone a aussi le même effet. Il peut alors être nécessaire d'adopter un régime pauvre en sodium.

Paule Neyrat, Diététicienne

 

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